Les Medou Ntjer (hiéroglyphes) : orientations pour le futur de l’Afrique

L’Occident a pour écriture standard l’alphabet latin, le monde musulman a l’écriture arabe, l’Asie de l’est (Chine, Japon, Corée etc…) écrit en Hanzi. Le monde noir renaissant devra se doter aussi d’une écriture standard. Nous allons vous dire pourquoi les Medou Ntjer sont le meilleur choix pour ce faire et quels changements leur apporter afin de les faire revivre dans le monde moderne.

Le Verbe Créateur

Au commencement était le Noun, l’eau primordiale pleine de particule à l’état endormi. Une particule au sein du Noun s’éveilla et développa un esprit et une conscience. Imana, l’esprit premier, créa en Lui-Elle l’énergie (Râ) et l’utilisa pour s’extraire du Noun. C’est son énergie que Dieu diffusa ensuite dans le Noun pour permettre aux autres particules de faire éclore tous les éléments de la création, de créer Ankh (la vie). La vie n’existe que grâce à l’énergie.

Imana-Râ (Amen-Râ), Dieu unique de l’Afrique, forme masculine
Brooklyn Museum

En se propageant dans l’eau primordiale, l’énergie Râ émit une vibration très bruyante. C’est le Hou en Egyptien ancien, Hal chez les Peuls, Me Kobegue chez les Fangs. Ce bruit initial qui a accompagné la création est le Verbe Créateur, la parole initiale d’Imana.

Ainsi, tout ce qui existe porte encore cette énergie donnée par le Créateur-la Créatrice au commencement. L’énergie de l’univers, issue d’Imana, est continuellement répartie dans toute la création (astres, minéraux, végétaux, animaux, humains). La vie n’est possible que si l’énergie anime un corps. Chaque élément de la création vibre donc avec un bruit perceptible à l’oreille humaine ou non. Chaque élément de la création porte donc une partie de la parole de Dieu.

Tous les éléments de la création sont ainsi les paroles (Medou) de Dieu (Ntjer). Tous les éléments de la création, du fait de porter une énergie bruyante, peuvent donc être vocalisés. C’est avec ce constat que les Egyptiens-Nubiens ont inventé il y a 5400 ans la première écriture de l’histoire.

Chaque élément de la création étant issu de la propagation sonore d’Imana-Râ dans le Noun, alors écrire en Medou c’est faire parler la création et faire parler Dieu. Lire en Medou c’est lire les Paroles de Dieu. C’est pourquoi les Medou Ntjer figurent des astres, des animaux, des végétaux, des humains etc… Ils intégreront par la suite aussi des objets du quotidien (cordes, jarres…). C’est cette écriture, la première de l’humanité née à l’époque nubienne il y a 5400 ans, qui est à l’origine de l’écriture Shumom des Bamoun, Mende de Sierra Leone, Gicandi du Kenya, Nsibidi des Efik au Nigeria, Geez d’Ethiopie etc… ainsi qu’à l’origine de l’écriture grecque, arabe, latine, cyrillique, hébraïque, perse etc…
Signes communs entre les Medou Ntjer et l’écriture Nsibidi du Nigeria (Source : Afrique noire, sol, démographie et histoire; Louise Marie Diop-Maes, page 172)
L’origine africaine de l’écriture grecque et latine.
Données de l’illustration authentifiées dans l’Afrique impériale de Nioussérê Kalala Omotunde, page 26.

Concernant les écritures de l’Amérique ancienne, l’écriture Maya – la plus sophistiquée du continent alors – a en particulier attiré l’attention pour sa structure similaire à celle des Medou Ntjer. L’écriture Maya est pictographique (présence de dessins) et idéographique (présence d’un idéogramme à la fin des mots), exactement comme les Medou Ntjer. Quand on sait le role civilisateur des Egyptiens sur l’Amérique ancienne et l’influence égyptienne chez les Maya qui étaient des Noirs, tout savant de bonne foi peut conclure que l’écriture Maya est très probablement d’origine africaine aussi.  

Les stades de l’écriture hiéroglyphique

On distinguait, pendant la période pharaonique, 4 stades d’écriture :

  • Le hiéroglyphique proprement dit, qui reproduisait la création tel quel.
  • Le hiératique. Vu la difficulté et le temps que ça représentait de dessiner tous les signes, le hiératique était utilisé comme forme simplifiée du hiéroglyphique.
  • Le démotique, 2e stade simplifié. Il était compris de tout le peuple, d’où le grec démo qui signifie peuple.
  • Le méroïtique, 3e stade simplifié utilisé au Soudan.
On voit ici comment le hiératique est obtenu à partir des hiéroglyphes

Le hiéroglyphique proprement dit était considéré comme tellement sacré par les Egyptiens, que sa connaissance se transmettait uniquement par l’initiation au sein du clergé et restait incompris du peuple. Ceci fut contraire au Soudan, où le hiéroglyphique et les stades simplifiés étaient compris de tous.

Le système de numérotation pharaonique est également digne d’intérêt. On voit comment il se décline selon les différentes phases (source : afrikanistik-aegyptologie-online.de).
Numérotation en hiéroglyphes
Numérotation en hiératique

Concrètement

Pourquoi donc utiliser les Medou Ntjer (hiéroglyphes) comme écriture noire standard ? 

  • Parce que c’est l’écriture la plus divine qui soit.
  • Parce que c’est la première écriture de l’histoire.
  • Parce que c’est l’écriture sacrée de la plus grande civilisation noire et la plus grande civilisation tout court de l’histoire.
  • Parce que c’est l’écriture qui a donné naissance à la grande majorité des autres écritures, y compris africaines.

Quels changements leur apporter ?

Les Medou Ntjer avaient fini par être composés de 5000 signes, ce qui est très peu pratique. Les linguistes africains, tout en retenant les signes les plus sacrés, devront simplifier l’écriture à son maximum et lui permettre de vocaliser proprement toutes les langues noires. Une quarantaine ou une cinquantaine de signes serait un nombre acceptable.

Les Medou Ntjer sont consonantiques. Ça veut dire qu’ils ne reproduisent pas toutes les voyelles. Un mot comme Naba, qui veut dire Maître en égyptien comme en Mooré au Burkina Faso, était écrit Nb. Il faudra donc réformer l’écriture pour intégrer les voyelles comme c’est devenu d’usage pour les Africains aujourd’hui.

Les 4 stades ne pourront pas tous êtres utilisés. Le hiéroglyphique et un seul stade simplifié suffiront. La seule raison pour laquelle il faut recourir à un stade simplifié c’est la difficulté d’écrire les hiéroglyphes à la main. Le hiératique qui se rapproche le plus du hiéroglyphique semble convenir. Avec l’électronique, il devient facile d’utiliser les hiéroglyphes. Le hiératique devra aussi donc être en vigueur pour faciliter l’écriture manuelle.

La numérotation égyptienne devra également être adopté. Il faudra faire une synthèse des 4 stades pour faire émerger un système de numérotation unique et simplifié.

Quelle coexistence avec les autres écritures africaines ?

En partant du principe qu’il faudra refonder l’Afrique sur la base du fédéralisme ethnique propre à nos Etats anciens, chaque nation ethnique se constituera en Etat fédéré au sein de nos pays actuels. Nous aurons l’occasion d’en parler en détail ultérieurement. Chaque nation ethnique aura donc un contrôle politique sur son territoire et la possibilité de faire prospérer sa culture, sa langue et donc son écriture si elle en possède une.

Ça veut dire qu’au sein de la nation Bamoun du Cameroun, l’écriture Shumom devra coexister avec les Medou Ntjer. Chez les Kikuyu du Kenya, le Gicandi coexistera avec les Medou Ntjer. Chez les Bété de Côte d’Ivoire, l’écriture bété coexistera avec les Medou Ntjer. Pour tous les peuples qui n’ont pas d’écritures qu’on peut reconstituer, les Medou Ntjer uniquement s’appliqueront.

Image d’un panneau en Grèce où l’écriture locale grecque coexiste avec l’écriture latine, standard de l’Occident.
C’est donc tout à fait possible de faire la même chose en Afrique.
Un texte écrit en hiératique
Le futur

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)

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