L’affaire de l’ADN des Egyptiens : vérité et mensonges

La génétique montre bien que les Egyptiens de l’époque pharaonique étaient noirs et africains, et ne venaient ni du Moyen-Orient ni d’Europe.

31 Mai 2017, les médias du monde occidental annoncent tous que l’ADN de 90 momies égyptiennes vient d’être enfin déchiffré. Il serait d’origine ouest-asiatique (Moyen Orient) et européenne. L’information fait le tour du monde, réjouit les tenants de l’Egypte blanche et secoue les Africains qui s’étaient appropriés cette civilisation.

Nous nous sommes procurés cette étude et nous allons démontrer que contrairement à ce qu’elle prétend ou les interprétations qu’on lui fait, la civilisation égyptienne était noire et appartient – si preuve il fallait encore – strictement au monde noir et africain.

La reine Ndjemt, fille du pharaon Ramessou Kha-m-Ouaset (Ramsès XI) et épouse du pharaon-prêtre Heri Horo. Son père fut un des derniers pharaons des grandes dynasties égyptiennes autochtones, vers 1070 avant JC. On verra pourquoi cette date est importante.
Comme vous pouvez le voir, elle fut indiscutablement africaine. Très probablement ses cheveux ont été involontairement défrisés pendant la momification comme nous l’avons montré ici.

Pour rappel, les textes colorés en bleu dans nos articles sont des liens qui renvoient vers d’autres articles détaillés. Afin de saisir l’entièreté de cet article, nous invitons la lectrice et le lecteur à se documenter au préalable sur l’origine africaine des premiers habitants de l’Asie y compris du Proche-Orient, et de l’Europe, ainsi que l’apparition des populations blanches par la suite.

Comment déterminer quel peuple est à l’origine d’une civilisation ?

Le choix des sites

Imaginons aujourd’hui que la civilisation française disparaissait et que dans 2000 ans on essayait de déterminer qui en fut à l’origine. La première chose qu’on ferait serait de consulter les documents d’époque pour savoir quels furent les lieux importants de cet Etat ancien. Alors on se rendrait compte que les grands de France sont inhumés dans les tombes royales en Île de France et au Panthéon à Paris. On excaverait les dépouilles qui s’y trouvent et on déterminerait facilement que la civilisation française fut le fait des Blancs.

Si par contre on allait à Marseille, on trouverait tant de Berbères et d’Arabes dans les cimetières, et on conclurait faussement que la France fut le fait des Berbères et des Arabes. C’est la même chose avec la civilisation américaine actuelle. Il faudrait aller au cimetière d’Arlington en Virginie et non dans un cimetière quelconque de Miami rempli de portoricains, de cubains, de vénézuéliens, de nicaraguayens.

Le choix de la période

De la même manière, les documents historiques montreraient qu’il y a eu à Marseille un afflux d’Arabes et de Berbères vers la moitié du 20e siècle. Si on insistait tout de même pour savoir qui sont les fondateurs de la ville, les dépouilles plus anciennes, celles de la basse antiquité en particulier, seraient ainsi indicatives.

Afin de déterminer le peuple à l’origine d’une civilisation donc, tout commence par la documentation historique pour savoir quels sites fouiller et quelle période prendre en compte.

Que dit la documentation historique égyptienne ?

Elle dit ceci :  

  • 4000 avant JC : naissance entre le Soudan et le sud de l’Egypte de la toute première dynastie qui finit par conquérir tout le nord vers 3300 avant JC.
  • De -3300 à -1730, n’ont régné que ces dynasties originaires du sud de l’Egypte et du Soudan.
  • Entre -1730 et -1540, une dynastie occupante appelée Hyksos, probablement blanche, conquiert le nord du pays, les rois autochtones se replient vers leur bastion d’origine au sud.
  • Entre -1540 et -1070, les dynasties autochtones reprennent et dirigent tout le pays.
  • Entre -1070 et -663, les Noirs libyens associés à des Blancs règnent sur le nord, le pouvoir autochtone se repliant encore une fois sur le sud. Puis les soudanais règnent sur tout le pays.
  • Entre -663 et -332, une succession chaotique d’occupants blancs perses et d’Egyptiens dirigent le pays.
  • De -332 à 639, dominent les Grecs et les Romains entrés par le nord.
  • Et de 639 à nos jours les Arabes, avec deux intervalles turc et britannique. 

Qu’est-ce que ça veut dire : Ca veut dire que si on veut déterminer par la génétique et de manière fiable qui étaient les anciens Egyptiens, on irait prendre les dépouilles des souverains au sud de l’Egypte, surtout dans la vallée des rois à Louxor, et on prendrait en priorité des dépouilles qui datent d’entre -4000 et -1730 et d’entre -1540 et -1070. Cela a déjà été fait.

Que disent les recherches génétiques antérieures sur les anciens Egyptiens ?

La principale étude date de 2012 et a été menée par le laboratoire américain DNA Tribes. Elle a porté sur 3 pharaons parmi les plus connus : Amenhotep III, Toutankhamon et un autre pharaon qui est très probablement Akhenaton. Qui plus est les grands-parents maternels d’Akhenaton, les influents prêtres Youya et Touya ont été inclus dans l’étude. Ces rois ont régné vers -1400. Le résultat est sans appel : ils sont originaires d’Afrique même.

ADN génétique Egyptiens anciens noirs
Résultats de DNA Tribes :
Indice de compatibilité génétique de 326 avec les peuples d’Afrique australe, 323 avec les grands Lacs et 83 avec l’Afrique centrale/Afrique de l’Ouest. 
Pour comparaison, les Blancs sémitiques, européens ou berbères sont entre 3 et 7 de compatibilité.

Par ailleurs en 2012 l’étude de Zahi Hawass et al. publiée dans le BMJ a montré que le pharaon Ramsès III – qui a régné vers -1200 – portait le gène E1b1a qui est un gène africain. Ce gène est quasi-spécifique aux populations noires d’Afrique et aux Africains des Amériques. Il est fréquent chez les Angolais par exemple. L’Occident est resté silencieux sur ces études, ce qui contraste avec le tintamarre médiatique très coordonné qui a accompagné l’étude de 2017. On fait comme si elle était la première.

En 2013 DNA Tribes va encore plus loin avec l’ADN de Ramessou Hekayounou (Ramsès III) et son fils Pentaouret. Les résultats sont similaires à ceux des autres pharaons : Ils sont liés aux peuples des grands Lacs, d’Afrique australe, d’Afrique centrale/Afrique de l’ouest, et de la corne de l’Afrique.

ADN génétique Egyptiens anciens noirs
Les résultats de DNA Tribes pour Ramessou Hekayounou et son fils Pentouret 
ADN génétique Egyptiens anciens noirs
A gauche Toutankhamon et sa femme le reine Ankh-Sen-Imana, fille d’Akhenaton et de Nefertiti
A droite le grand pharaon Amenhotep III, père d’Akhenaton
Le pharaon Ramessou Hekayounou (Ramsès III) à gauche
Le pharaon Akhenaton et ses traits africains à droite
ADN génétique Egyptiens anciens noirs
Nefertiti et Akhenaton. Ils étaient cousins.
Musée du Louvre

Qu’a en réalité fait l’étude qui fait tant de bruits ?

L’étude de Johannes Krause de l’Institut Max Planck en Allemagne, a présélectionné 91 momies trouvées dans un (1) cimetière au nord de l’Egypte. Il s’agit d’un seul site. 

ADN génétique Egyptiens anciens noirs
Voici en encadré au nord de l’Egypte d’ou viennent les momies de l’étude de Johannes Krause. L’image est issue de sa publication.
Regardez loin tout en bas à droite, c’est Louxor, là ou sont inhumés de très nombreux pharaons. Même quand le pharaon mourrait au nord, on emmenait très souvent sa dépouille au sud, tout comme aujourd’hui on enterre les gens dans leurs villages. Les Egyptiens savaient parfaitement qu’ils venaient du sud.  

Mais ce n’est pas tout. Sur ces 91 momies, combien datent des périodes qui nous intéressent (4000-1730, 1540-1070) ? Eh bien c’est simple : 4. 4 momies sur les 91 sélectionnées datent des grandes périodes de règne des Egyptiens autochtones. Seuls ces 4 datent d’avant 1070. Toutes les autres sont récentes. Et combien sur ces 91 datent de la domination des Blancs grecs et romains ? 48. Soit la majorité.

L’échantillon n’est donc pas valide pour déterminer l’origine des Egyptiens de l’époque pharaonique. 

Pour autant, que dit l’étude ? 

L’étude a analysé l’ADN mitochondrial ou maternel de 90 momies et l’ADN paternel de 3 momies. Elle dit notamment que les 90 individus de ces basses époques, à travers leur ADN maternel sont « plus que tout liés aux échantillons (ADN des populations) du Néolithique et de l’âge de bronze au Levant (Proche Orient), ainsi que des populations du Néolithique en Anatolie (Turquie actuelle) et en Europe ». Or, qui sont ces populations du Levant, de Turquie et d’Europe dont on parle ?

Couverture d’un magazine
On voit les Cananéens-Phéniciens avec leurs traits africains, et qui étaient les populations anciennes du Levant. Les Cananéens étaient noirs au Néolithique et Noirs avec une minorité de Blancs à l’âge de Bronze.
A l’image les Minoens du Néolithique et de l’âge de bronze, premiers civilisateurs de la Grèce et descendants des populations d’Anatolie. Nous avons démontré de manière exhaustive qu’ils étaient noirs (peinture du palais de Cnossos, Grèce)
Les Etrusques, descendants des populations originelles d’Anatolie, premiers civilisateurs de l’Italie et peuple aux racines de la civilisation romaine. Nous avons également démontré de manière extensive qu’ils étaient des Noirs (peinture de la tombe François, 5e siècle avant l’ère actuelle).

L’étude nous dit donc que 90 individus du nord de l’Egypte aux basses époques étaient, par leur ADN maternel, liés aux populations anciennes d’Asie et d’Europe, qui étaient majoritairement noires. Par ailleurs, les auteurs semblent vouloir faire très clairement une différence entre les « Subsahariens » et les autres populations en Afrique. Ce que d’aucuns interprètent comme Noirs et non-Noirs. Or il faut bien rappeler que l’identité dite subsaharienne est la création du philosophe allemand Hegel pendant la période esclavagiste au 19e siècle, et dont le but était de chasser les Noirs de l’histoire des civilisations de la Méditerranée. Il n’y a rien d’objectif qui est subsaharien.

Penser qu’une absence présumée d’un ADN dit subsaharien signifie non-Noir n’est absolument pas un fait scientifique. Ainsi par exemple, les spécificités génétiques des Noirs berbères du Maghreb, pourtant noirs et africains eux-aussi, sont classées comme non-subsahariennes, entendez « non-noires ». 

Pour ce qui est de l’ADN paternel, l’étude n’a analysé que 3 momies. Aucune d’elles ne datent des grandes époques du règne des Egyptiens autochtones. La momie JK2134 date d’entre 776 et 669 avant JC, la momie JK2911 date de 769-560 avant JC. La momie JK2888 date de 97-2 avant JC. Toutes ces momies datent de l’époque où l’Egypte au nord était dominée par des étrangers blancs ou avait une forte population immigrée blanche. Ces momies ne peuvent donc en aucune façon être représentatives du peuple ou des rois d’Egypte ancienne.  

Les 3 momies dont l’ADN paternel a été analysé

Les auteurs de l’étude mêmes reconnaissent le problème du lieu et du temps, en disant « (il y a eu sur le site de collecte des momies) une augmentation substantielle de sa population pendant les premiers siècles du règne ptolémaïque (grecque), probablement en raison de l’immigration grecque (…) Des individus avec des noms grecs, latins et hébreux sont connus avoir vécu sur le site ». Et d’ajouter « Cependant nous notons que toutes nos données génétiques ont été obtenues d’un seul site en Moyenne-Egypte et pourraient ne pas être représentatives de toute l’Egypte ancienne. Il est possible que les populations plus au sud de l’Egypte aient été étroitement liées aux Nubiens et avaient une plus grande composante génétique subsaharienne ».

En résumé, les momies, qui selon beaucoup, montrent que les Egyptiens étaient blancs :

  • Proviennent d’un seul site sans importance.
  • Ont été prises au nord de l’Egypte qui fut à plusieurs reprises sous la domination d’étrangers blancs et en partie peuplée d’immigrants blancs.
  • Ne datent que pour 4 d’entre elles sur 90, de l’époque des grands règnes des Egyptiens autochtones.
  • Datent presque toutes de la basse époque, celle du déclin et de l’occupation, où les Blancs s’étaient infiltrés par le nord; et majoritairement même de l’époque gréco-romaine.
  • Montrent tout de même que 90 individus en Egypte à ces basses époques, étaient liés, par leurs lignées maternelles, aux populations anciennes d’Europe et d’Asie qui étaient majoritairement noires.

Cet échantillon n’est donc pas valide pour déterminer qui étaient les bâtisseurs de la civilisation égyptienne. Elle ne change ainsi rien, à l’infinité de preuves dans tous les domaines, y compris génétique sur les pharaons, qui attestent sans l’ombre d’un doute, du fait que les Egyptiens étaient noirs et de culture strictement africaine.

La civilisation égyptienne est la propriété exclusive des Noirs d’Afrique et des Africains des Amériques. Notre détermination pour renforcer cette vérité est totale.

Hotep !

Par : Lisapo ya Kama © (Tous droits réservés. Toute reproduction du texte de cet article est interdite sans l’autorisation de Lisapo ya Kama)   

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